Mojiro Scan désigne un ensemble de sites qui hébergent ou agrègent des scans de mangas traduits, souvent sans licence officielle. Lire sur ces plateformes expose à des risques techniques précis : redirections en chaîne, faux boutons de téléchargement, demandes de notification abusives et, sur certains navigateurs, absence totale de filtre anti-hameçonnage. Comprendre ces mécanismes permet de réduire la surface d’attaque avant même d’ouvrir une page.
Faux boutons et redirections sur les sites de scan manga
La plupart des plateformes de lecture pirate monétisent leur trafic par la publicité agressive. Le piège le plus courant sur un site comme Mojiro Scan n’est pas un virus classique, mais un élément d’interface conçu pour ressembler à un bouton légitime.
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Un lien « Lire le chapitre suivant » ou « Télécharger le PDF » peut en réalité déclencher l’ouverture d’un nouvel onglet vers un domaine tiers. Ce domaine imite parfois une page de connexion (réseau social, service de messagerie) pour collecter des identifiants. C’est de l’hameçonnage par ingénierie sociale, pas une faille logicielle.
La redirection fonctionne souvent en plusieurs étapes. Un premier clic ouvre un domaine intermédiaire, qui redirige vers un second, puis un troisième. Chaque rebond rend le traçage plus difficile pour le navigateur et pour l’utilisateur.
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Distinguer un vrai bouton d’un faux
Avant de cliquer, survolez l’élément avec la souris. La barre d’état du navigateur (en bas à gauche) affiche l’URL de destination. Si cette URL ne correspond pas au domaine du site de lecture, c’est un lien publicitaire ou une redirection.
- Un bouton légitime pointe vers le même domaine que la page en cours (par exemple mojiro-scan.exemple/chapitre-12).
- Un faux bouton affiche une URL raccourcie, un domaine inconnu ou un sous-domaine à rallonge qui imite un service connu (google-verify.tracking-xyz.com).
- Les boutons « Play » ou « Download » placés au-dessus ou en dessous de la zone de lecture sont presque toujours des publicités déguisées.

Notifications abusives : le spam qui s’installe dans le navigateur
En arrivant sur un site de scan, une pop-up demande souvent l’autorisation d’envoyer des notifications. Accepter cette demande revient à ouvrir un canal de spam permanent dans le navigateur, même après avoir quitté le site.
Ces notifications imitent des alertes système (« Votre appareil est infecté », « Mise à jour requise ») et redirigent vers des pages d’hameçonnage ou de téléchargement de logiciels indésirables. Le mécanisme est redoutable parce qu’il fonctionne en dehors du site : les messages apparaissent sur le bureau ou dans le centre de notifications du téléphone.
Révoquer les autorisations de notification
Chrome intègre depuis peu un mécanisme qui révoque automatiquement les autorisations de notification pour les sites peu consultés mais très bavards. Cette évolution, documentée dans les notes de mise à jour de ChromeOS 151, réduit une voie de nuisance fréquente sur les sites de lecture en ligne.
Pour vérifier manuellement les autorisations accordées, accédez aux paramètres du navigateur, puis à la section « Confidentialité et sécurité » > « Paramètres des sites » > « Notifications ». Supprimez chaque domaine que vous ne reconnaissez pas ou que vous n’utilisez plus.
Safe Browsing désactivé : quand le navigateur ne protège plus
Google Safe Browsing tient à jour une liste de sites signalés pour hameçonnage, logiciels malveillants ou extensions abusives. Lorsqu’un site figure sur cette liste, Chrome affiche un avertissement rouge avant le chargement de la page. Cette protection est activée par défaut dans Chrome standard.
Le problème survient avec certains navigateurs alternatifs. Ungoogled Chromium désactive volontairement Google Safe Browsing pour des raisons de vie privée. Les versions documentées de juillet et août 2026 confirment explicitement cette suppression. Un lecteur de Mojiro Scan qui utilise ce type de navigateur perd donc les vérifications automatiques de phishing et de malware.
Conséquences concrètes pour la lecture de scans
Sans Safe Browsing, aucun avertissement ne s’affiche avant d’atterrir sur une page frauduleuse. La responsabilité de vérification repose entièrement sur l’utilisateur. Le cadenas HTTPS dans la barre d’adresse ne suffit pas : il indique uniquement que la connexion est chiffrée, pas que le site est fiable. Un site d’hameçonnage peut parfaitement disposer d’un certificat HTTPS valide.
Si vous utilisez un navigateur qui désactive Safe Browsing, deux mesures compensatoires s’imposent :
- Installer une extension de filtrage (uBlock Origin par exemple) qui bloque les domaines publicitaires et les redirections connues.
- Vérifier manuellement les URL suspectes via un service tiers comme le rapport de transparence de Google (transparencyreport.google.com) avant de saisir des identifiants sur une page inconnue.
- Maintenir le navigateur à jour, car les correctifs de sécurité comblent les failles exploitées par les scripts malveillants intégrés aux régies publicitaires douteuses.

Hygiène de navigation pour lire Mojiro Scan avec moins de risques
Au-delà du choix de navigateur, certaines habitudes réduisent l’exposition aux menaces propres aux sites de scan.
La navigation privée ne protège pas contre les logiciels malveillants ni contre l’hameçonnage. Elle empêche seulement le stockage local de l’historique et des cookies après fermeture de la fenêtre. C’est utile pour limiter le pistage publicitaire, mais la navigation privée n’est pas un bouclier de sécurité.
Bloqueur de publicités et extensions
Un bloqueur de publicités filtre les requêtes vers les régies connues pour diffuser des contenus agressifs. Sur un site de scan, cela supprime la majorité des faux boutons et des pop-ups de notification. Attention toutefois à ne pas accumuler les extensions : chaque extension ajoutée au navigateur augmente la surface d’attaque si elle est mal maintenue ou compromise.
Supprimez régulièrement les données de navigation (cookies, cache, autorisations). Un site qui a obtenu une autorisation de notification il y a six mois continue d’envoyer des messages si personne ne la révoque. La CNIL recommande de paramétrer le navigateur pour limiter le suivi par cookies tiers et de vérifier périodiquement les autorisations accordées aux sites.
Mises à jour du navigateur
Les mises à jour de Chrome et de ses dérivés corrigent régulièrement des failles exploitées par des scripts publicitaires. ChromeOS 151, par exemple, intégrait des correctifs de sécurité en plus du mécanisme de révocation des notifications. Reporter une mise à jour expose directement aux vulnérabilités corrigées dans la version suivante.
Lire des scans sur Mojiro Scan ou toute plateforme similaire reste une activité à risque technique. Les protections automatiques du navigateur couvrent une partie des menaces, mais elles ne remplacent pas la vigilance face aux faux boutons, aux demandes de notification et aux URL douteuses. Le cadenas vert dans la barre d’adresse signifie que le tuyau est chiffré, pas que l’eau est potable.

