En 2002, 47 % des dirigeants du G20 n’avaient pas accès à un smartphone. Deux décennies plus tard, ce sont des natifs du numérique qui prennent la lumière, tandis que le concept même d’autorité se voit chamboulé par l’irruption de l’intelligence artificielle. Désormais, il ne suffit plus d’être brillant sur le papier : l’agilité et la probité s’imposent comme nouveaux marqueurs de distinction dans les grandes écoles de management.
À présent, ce sont des profils jusque-là inattendus qui s’affirment. Leur force ? Une maîtrise fine des technologies couplée à une conscience aiguë de leur impact sur la société. Naviguer dans la complexité, anticiper les bouleversements, comprendre la portée de chaque décision : ceux qui excellent dans cet art prennent une longueur d’avance.
Leadership de demain : quelles évolutions face aux nouveaux défis mondiaux ?
Les contours du leadership évoluent à vive allure. Face à des défis sociaux et environnementaux inédits, les modèles d’hier s’effacent au profit de leaders positifs : visionnaires, bâtisseurs de collectif et partisans de l’innovation sous toutes ses formes. Des organisations comme Positiv, fondée par Jacques Attali, s’attachent justement à repérer et célébrer ces nouveaux visages du pouvoir. Leur fameux « TOP 35 des jeunes leaders positifs » donne à voir des trajectoires singulières et une énergie transformante, capables de secouer l’économie comme la société.
La collaboration avec Les Echos illustre combien la notoriété médiatique peut propulser ces leaders émergents au rang de modèles. Cette exposition médiatique nourrit une conversation de fond autour du leadership transformationnel, un concept que le CEDEP, pôle international d’Executive Education, place au centre de ses enseignements. S’engager pour l’impact social et environnemental devient la norme, pas l’exception : cette exigence façonne désormais les stratégies et fédère autour de projets porteurs de sens.
Voici trois axes qui structurent ces nouveaux classements :
- Innovation : elle distingue les leaders capables de réinventer les schémas économiques en profondeur.
- Impact positif sur la société : une attente forte, partagée aussi bien par des universités comme Paris Dauphine PSL que par les ONG les plus exigeantes.
- Adaptabilité : difficile de faire l’impasse sur cette compétence quand l’économie et les enjeux globaux changent à toute vitesse.
Les jeunes repérés par Positiv révèlent cette capacité à agir localement tout en gardant une perspective mondiale, à transformer sans perdre la cohésion. On assiste à une révolution silencieuse : le leadership s’écrit désormais à plusieurs, à travers des parcours hybrides et une créativité sans relâche.
Quelles compétences distingueront les leaders du futur ?
Finies les trajectoires toutes tracées. Les leaders de demain ne se contentent plus de faire fructifier les indicateurs financiers ou d’orchestrer la croissance. Ils cultivent une polyvalence authentique, combinant intelligence collective, écoute active et sensibilité aux urgences écologiques et sociales. La complexité n’est plus un obstacle, mais un terrain de jeu pour l’innovation et l’engagement.
Voyez Guillaume d’Ayguesvives, qui s’attaque à la santé mentale en entreprise avec Moka.care, ou Jean Guo, qui fait tomber les barrières d’accès aux compétences numériques via Konexio. Ce sont des exemples concrets d’une nouvelle génération qui veut former, inclure, créer de l’impact social durable. Les entreprises recherchent dorénavant des profils capables de conjuguer diversité, inclusion et capacité à s’adapter dans des contextes mouvants.
Parmi les initiatives remarquables, on trouve :
- L’engagement écologique, incarné par Quentin Bordet et Les Collectifs.
- La réduction de l’empreinte carbone, portée par Eva Bergier chez Harmonie Mutuelle.
- L’ouverture à la diversité dans les processus de recrutement, défendue par Karim Hechmi avec FindYourWay.
Dans cette nouvelle donne, la soft skill devient une arme de choix. Savoir rassembler autour d’un projet, veiller à l’inclusion, faire preuve d’agilité : autant de qualités qui font la différence dans un marché du travail en mutation constante. Les écoles de commerce et universités comme Paris Dauphine ou Harvard n’ont pas tardé à réorienter leurs cursus, pour accompagner cette métamorphose profonde. Le leadership s’humanise, s’élargit, se réinvente au contact du réel.
L’éthique et l’agilité, piliers incontournables dans un monde en mutation
L’éthique s’impose comme fil rouge du leadership contemporain. Amélie Deloche, cofondatrice de Paye ton influence, intègre l’écologie à la notion d’influence. Eva Morel, qui dirige QuotaClimat, fait de la transition écologique un pilier incontournable des médias. Prendre position, assumer ses choix, mesurer l’impact social et environnemental de chaque action : telle est la nouvelle donne. Les leaders ne peuvent plus se contenter de gérer, ils doivent aussi incarner une responsabilité élargie.
Côté entreprise, l’agilité est devenue une question de survie. Quentin Gisserot imagine des solutions d’assurance inclusive chez AXA EssentiALL, anticipant les fractures sociales liées à la digitalisation. Marine Le Bihan, chez Ekwateur, module la communication et les stratégies d’impact pour suivre l’évolution des normes et des technologies. Ici, le mot d’ordre n’est plus la planification figée, mais la capacité à réagir, fédérer, transformer.
Ces évolutions donnent lieu à plusieurs tendances marquantes :
- Une écologie appliquée à l’influence et aux médias.
- Le développement de l’assurance inclusive pour lutter contre les inégalités.
- Des stratégies environnementales toujours plus adaptatives en entreprise.
Ce sont l’innovation, l’intégrité et la capacité à s’adapter qui forgent, ensemble, l’autorité des leaders du futur. Les écoles de commerce l’ont bien compris, réformant en profondeur leurs programmes pour intégrer ces dimensions. À l’heure où tout se joue sur la cohérence entre discours et actes, la demi-mesure n’a plus sa place.
Jeunes leaders inspirants : portraits et trajectoires à suivre
Impossible d’ignorer le souffle neuf qui parcourt le leadership de demain. Prenez Charlotte Alaux : à 33 ans, elle a cofondé Omni et révolutionne la mobilité inclusive pour des milliers de personnes en fauteuil, soutenue par une communauté active sur les réseaux sociaux. Ou Mamadou Dembélé, 29 ans, qui, avec The Impact Story, sensibilise 400 000 abonnés aux enjeux climatiques, preuve que pédagogie et engagement peuvent changer la donne à grande échelle.
La diversité des parcours est frappante. Wassila Djellal, fondatrice de Les Infatigables, œuvre pour l’employabilité des seniors. Inès Rachedi, à la Fondation Chanel, défend l’égalité des genres à travers l’Europe. Daniella Tchana, avec STEM4ALL, ouvre la voie des sciences aux jeunes filles. D’autres, comme Wassim Benouis (StudiAva), accompagnent les lycéens dans leur orientation ; Wadie Maaninou (TOLV) électrifie les utilitaires ; Greazi Abira, avec Graine d’Orateur, démocratise l’art oratoire. Tous incarnent un engagement solide, ancré dans des actions concrètes.
Ces jeunes leaders positifs incarnent une nouvelle forme de pouvoir : celui qui s’exerce par l’impact, la proximité, la capacité à fédérer. Loin des schémas verticaux, ils restent connectés aux besoins de la société et n’hésitent pas à s’engager sur des chantiers concrets. Chacun de leurs parcours porte une ambition commune : associer innovation et impact positif pour dessiner, ensemble, le visage des sociétés de demain.


