Cybersécurité : emplois les mieux rémunérés en 2025

La rémunération d’un responsable sécurité des systèmes d’information en France peut dépasser 120 000 euros bruts annuels dès cinq ans d’expérience, alors que certains analystes débutants plafonnent à 38 000 euros. Les écarts s’accentuent entre postes techniques et stratégiques, mais aussi selon la région ou le type de contrat.

Dans les entreprises du CAC 40 et les cabinets spécialisés, la tension sur les profils seniors entraîne une inflation salariale continue. Les certifications pointues, comme le CISSP ou le CISM, conditionnent désormais l’accès aux rémunérations les plus élevées.

Cybersécurité en 2025 : un secteur sous tension et des salaires en forte progression

En 2025, la cybersécurité s’est imposée comme un pilier incontournable de l’informatique en France. La hausse continue des cyberattaques, +38 % en seulement un an, fait grimper la pression sur les entreprises. Le coût moyen d’une violation de données s’établit à 4,9 millions de dollars, un chiffre qui donne le tournis. Face à cette escalade, la finance, la santé, l’industrie n’ont plus le choix : il faut réagir et s’aligner sur des exigences réglementaires strictes (RGPD, NIS2, ISO 27001), qui dictent la protection des systèmes d’information et la gestion rigoureuse des données sensibles.

Pourtant, la pénurie de talents en cybersécurité ne faiblit pas : il manque près de 3,5 millions de professionnels à l’échelle mondiale. Cette pénurie provoque une envolée des salaires, particulièrement à Paris, Lyon ou Bordeaux. Les employeurs rivalisent d’ingéniosité pour attirer et garder des experts capables d’assurer la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des informations.

Les entreprises ne se contentent plus de recruter : elles misent sur la formation continue, l’élévation rapide des compétences. La sécurité des systèmes informatiques devient une priorité permanente. Les métiers de la cybersécurité, analyste SOC, pentester, responsable sécurité, ne sont plus cantonnés à la technique. Leur influence s’étend jusqu’au cœur de la stratégie des organisations, et la progression des salaires en témoigne, avec des hausses qui dépassent largement celles du reste de l’IT.

Quels sont les métiers les mieux rémunérés et leurs fourchettes de salaire ?

Sur le terrain, les emplois les mieux rémunérés en 2025 gravitent autour des postes à forte responsabilité et des compétences rares. La direction, l’expertise technique et le conseil dynamisent les grilles salariales.

Top management et architecture

Le Chief Information Security Officer (CISO) ou responsable sécurité des systèmes d’information (RSSI) tient la tête du classement. Véritable stratège, il pilote la sécurité globale, gère les risques et veille à la conformité. Dans les grandes sociétés, son salaire oscille entre 90 000 et 200 000 € brut par an, avec une accélération notable sur cinq ans. Plus discret mais tout aussi capital, l’architecte cybersécurité conçoit les fondations techniques des systèmes d’information, avec une rémunération annuelle comprise entre 70 000 et 130 000 €.

Experts techniques et consultants

Du côté des spécialistes, le pentester, le hacker éthique chargé de débusquer les failles, voit sa rémunération s’étendre de 50 000 à 100 000 €, portée par une croissance de 30 % en cinq ans. L’analyste SOC, en alerte permanente face aux incidents, gagne entre 40 000 et 80 000 €. Les consultants en cybersécurité, sollicités pour leurs audits et conseils, naviguent dans une fourchette de 50 000 à 100 000 €.

Voici d’autres fonctions qui se distinguent par leur attractivité salariale :

  • Ingénieur cybersécurité : 45 000 à 95 000 €
  • Data scientist en cybersécurité : jusqu’à 120 000 €
  • Expert FPGA/ASIC : 130 000 à 150 000 €

Dans la banque et l’assurance, la barre des 115 000 € est franchie pour certains profils seniors, confirmant l’appétit de ces secteurs pour les compétences rares.

Contrat, expérience, localisation : ce qui fait varier la rémunération en cybersécurité

Les différences de salaire entre professionnels s’expliquent d’abord par la variété des statuts. Être freelance, salarié ou en portage salarial change la donne : le freelance en cybersécurité facture ses missions entre 30 et 50 % de plus qu’un salarié, mais il renonce à une protection sociale complète. Le portage salarial ménage un équilibre, avec une rémunération 10 à 20 % supérieure à celle d’un CDI classique.

L’expérience propulse les carrières. Dix années passées à sécuriser des systèmes d’information, une expertise sur le cloud ou les audits réglementaires, et la rémunération s’envole. Les profils cumulant certifications (CISSP, CISM, CEH, OSCP, CompTIA Security+) et maîtrise de technologies pointues comme Go, Rust, Kubernetes ou Terraform sont particulièrement recherchés, notamment dans la banque, l’assurance ou l’énergie.

La localisation influence nettement les salaires. À Paris et en Île-de-France, les rémunérations grimpent de 10 à 30 % au-dessus de la moyenne nationale, portées par la densité des sièges sociaux et la concentration des projets critiques. Ailleurs, à Lyon, Lille, Nantes, la tendance est à la hausse, mais l’écart avec la capitale demeure. Dans le Nord ou le Grand Ouest, les entreprises peinent à rivaliser, malgré une demande forte.

Les secteurs d’activité jouent également un rôle majeur. Banque, assurance et industrie affichent les grilles les plus élevées, tandis que la santé, l’administration publique ou l’agroalimentaire restent plus modestes. L’explosion des cyberattaques et la hausse du coût moyen des violations poussent les employeurs à revoir à la hausse leurs offres, mais la surenchère profite surtout aux profils les plus spécialisés.

Groupe de professionnels de la cybersécurité en réunion

Se former et se spécialiser : les clés pour accéder aux postes les plus attractifs

Le marché de l’emploi en cybersécurité est saturé par la pénurie de talents. En 2025, il faudra combler 3,5 millions de postes à l’échelle mondiale. La progression des cyberattaques (+38 % en 2024) et le coût moyen d’une violation (4,9 millions de dollars) poussent les employeurs à privilégier des profils alliant technicité et certifications reconnues.

Les certifications et la maîtrise des compétences techniques ouvrent les portes des emplois les plus recherchés. CISSP, CISM, CEH, OSCP, CompTIA Security+ : ces titres sont devenus incontournables lors des recrutements. Les plateformes comme LinkedIn et Indeed publient des milliers d’offres exigeant ces qualifications. Les cabinets spécialisés épluchent les CV à la recherche de ces signes d’expertise immédiatement opérationnelle.

Le marché fait aussi la part belle aux spécialistes de Go, Rust, Ansible, Terraform, Kubernetes ou Spark. Avec la montée des environnements DevSecOps, MLOps, SRE, la mise à jour des compétences s’impose. Les formateurs certifiés sur AWS, ERP ou DevOps sont très demandés et peuvent prétendre à des rémunérations journalières allant jusqu’à 1 200 euros.

Voici quelques trajectoires professionnelles particulièrement valorisées :

  • Développeur qui évolue vers lead developer, CTO, architecte ou CISO
  • Architecte data maîtrisant le big data et la sécurité cloud
  • Chef de projet en charge de la conformité (ISO 27001, RGPD)

L’agilité à suivre les évolutions réglementaires (NIS2, RGPD) et la capacité à se spécialiser selon les besoins de secteurs ciblés, finance, santé, industrie, font nettement la différence. Les agences de recrutement cherchent désormais des profils hybrides, capables de dialoguer avec les métiers et d’anticiper les nouveaux risques numériques.

Dans ce paysage mouvant, la cybersécurité trace les contours d’un avenir où l’expertise se rémunère au prix fort et où la spécialisation, bien plus qu’un atout, devient une nécessité. Reste à savoir qui saura saisir l’opportunité avant que la vague ne retombe.

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